10 romans à lire pendant l’été

Voici un petit récap’ des romans que j’ai lus dernièrement et qui m’ont plus. De quoi vous donnez quelques idées de lecture pour l’été! (classés par ordre de préférence). Dans cette sélection on trouve surtout de la littérature jeunesse et des romans historiques de qualité (parfois les 2 associés!) et aussi quelque bd’s!

 

1.Du domaine des murmures,  de Carole Martinez, Goncourt des lycéens 2011

Sans aucun doute le plus beau roman que j’ai lu ces derniers temps, à tel point que tout me paraît fade après l’avoir lu! L’écriture de ce roman ressemble à un véritable poème tant les mots sont beaux et justes, l’histoire est touchante, bouleversante, superbe… Mon gros coup de coeur.

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En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.

2. Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh

Un très beau roman de littérature jeunesse (j’aime beaucoup lire des romans jeunesse), assez déstabilisant au début, mais on s’attache tellement vite aux personnages à cette grande maison, à cette vie qui triomphe malgré toutes les épreuves! 

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Comme Les Trois Mousquetaires étaient quatre, les Quatre Soeurs Verdelaine sont cinq. Il y a les plus jeunes, celles qui, chacune, donnent son titre à une partie de ce livre : Enid, 9 ans, se dévoue à la protection des pensionnaires du grand sycomore du jardin, Blitz l’écureuil et Swift la chauve-souris, et dialogue à l’occasion avec son ami Gnome de la Chasse d’eau. Hortense, 11 ans, passe le plus clair de son temps à lire, à tenir son journal et à se demander ce qu’elle va faire comme métier. Architecte ? Chirurgienne ? Bettina, 14 ans, fait sa bêcheuse dans la salle de bains, se shoote aux 218 épisodes du feuilleton Cooper Lime, copine avec Denise et Béhotéguy, et enquiquine le reste du monde. Geneviève, 16 ans, prend des cours de boxe thaïe essoufflants tandis que les autres la croient occupée à baby-sitter. Mais il y a aussi Charlie, l’aînée, 23 ans, qui s’occupe de tout : bricoler, cuisiner, travailler dans un labo, aimer Basile, tirer le diable par la queue et tenter d’élever ses cadettes depuis la mort des parents. Tout ce petit monde habite la Vill’Hervé, une grande maison au bout du bout de la lande, au bord du bord de la falaise, pleine de recoins, de mystère, d’hôtes de passage et de pannes de Madame Chaudière. Il essaie de vivre (ça marche), il essaie d’aimer (bof, bof), il essaie d’affronter les épreuves (tout est toujours à recommencer) et il essaie d’en rire (à tous les coups l’on gagne). 7 ans (de réflexion) après leur première sortie, et le plébiscite de quelques centaines de milliers de lecteurs, revoici les Quatre Soeurs dans un habit neuf taillé sur mesure.

Existe aussi en version bd (pour les 2 premiers tomes) un vrai régale!

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3. Max, de Sarah Cohen-Sacali

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Ce roman traite d’un sujet historique peu abordé en littérature (et en histoire): les « haras » nazis. Cet endroit où naissaient des enfants parfaits selon les normes nazies. Un roman très dur, bouleversant qui nous tirent les larmes, qui nous fait réagir puisque le point de vue adopté est celui d’un de ces enfants.  Pour ma part, j’ai aussi découvert cette partie de l’histoire.

«19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler !»Max est le prototype parfait du programme «Lebensborn» initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

4. Sweet Sixteen, d’Anne-Lise Heurtier

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Encore un roman historique, inspiré de faits réels, cette fois nous sommes aux Etats Unis à la fin des années 50, un lycée prestigieux d’un des états du Sud doit ouvrir ses portes aux noirs américains. Quelques courageux s’y inscrivent. On suit l’histoire de 2 jeunes filles de 16 ans, l’une blanche, l’autre noire à travers l’Histoire.

Un roman très bien écrit, bien mené (à deux voix). Une auteure de talent que j’ai découvert à l’occasion du prix littéraire organisé par les documentalistes. J’ai hâte de lire ses autres titres.

Rentrée 1957. Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l’aventure. Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher.

5. Charlotte, de David Foenkinos, Goncourt des lycéens 2014

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J’avoue que si ce roman n’avait pas été Goncourt des lycée je ne l’aurai pas lu. Pourtant, il m’a plu, de par son style d’écriture particulier (expliqué par l’auteur à la fin du livre), et de par le destin tragique de cette artiste méconnue. Un roman qui se lit facilement malgré la noirceur de la  vie de Charlotte.

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie ». Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

6. Le garçon au pyjama rayé de John Boyne

Un petit roman qui se dévore en quelques heures, très original puisque le point de vue adopté est celui d’un jeune enfant (allemand), fils d’un gradé nazi qui va diriger le camp d’Auschwitz. Ce jeune garçon va rapidement détester cet endroit, sans savoir ce qui s’y passe réellement et va se lier d’amitié avec un jeune garçon toujours vêtu d’un pyjama rayé. Une belle histoire d’amitié, d’humanité, de tolérance aussi.

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On dira simplement qu’il s’agit de l’histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l’autre côté d’une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.

7. Made in Vietnam de Carollin Philips

Avec ce roman, on découvre l’histoire de nos vêtements et chaussures « made in Vietnam » mais ce pourrait « made in China » aussi, fabriqués par des enfants, un main d’oeuvre esclave, pour permettre de vendre ces articles à bas coût. Une réflexion intéressante à mener sur notre société de consommation et l’esclavage des temps modernes.

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Lan, 14 ans, est ouvrière dans une usine de baskets, au sud du Vietnam. Sa famille a besoin de son salaire pour survivre. Malgré les conditions de travail déplorables, la jeune fille doit apprendre à se taire et à obéir. Ses éclats de rire et son indignation, elle les réserve à Hoa, sa meilleure amie. Cependant, tout au fond d’elle, couve le feu de la révolte…

8. Swing à Berlin de Christophe Lambert

Une écriture pas forcément transcendante, mais une histoire intéressante qui tient la route. Un musicien forcé par les nazis de monter un groupe pour diffuser des idées de propagande à travers le jazz, musique que le régime souhaite interdire mais face à son succès, il décide finalement de se  l’approprier. Il trouvera 4 musiciens de talent à travers l’Allemagne qu’il formera, lui qui ne voulait pas prendre part à la politique se verra contraint de s’y intéresser grâce à ces 4 jeunes. Une belle réflexion sur l’engagement artistique.

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Berlin, 1942. La guerre s’enlise, et les Allemands commencent à sentir que l’issue ne sera pas victorieuse. Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, cherche un moyen de remonter le moral de la population. Et quoi de plus joyeux que le jazz ? Mais, considéré comme une « musique dégénérée » ou « musique de nègres », il est interdit par le régime. Le ministre ordonne donc que l’on crée un groupe de « musique de danse accentuée rythmiquement », un jazz qui valoriserait les thèses aryennes. Le vieux pianiste Wilhelm Dussander est à la retraite depuis que les membres juifs de son groupe ont été arrêtés. S’il estime que la politique n’est pas l’affaire des musiciens, il n’a jamais aimé les nazis. Pourtant, lorsque Goebbels le sollicite pour monter le groupe qu’il appelle de ses voeux, Dussander n’a d’autre choix que d’accepter…

9. Persepolis de Marjane Satrapi

J’ai adoré découvrir la vie de cette iranienne à un moment charnière comme celui d’une révolution puis de l’installation d’un gouvernement religieux avec la réflexion de l’élite intellectuelle du pays pour nous éclairer sur ces événements. Voir à quel point tout ce qu’on croyait acquis peut être bouleverser. A voir du mal à croire que dans ce pays du non-droit pour les femmes, il y eu un temps, pas si lointain où elle pouvait se balader librement en ville sans être voilés de la tête au pied. Une bd passionnante.

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Dans Persepolis, Marjane Satrapi raconte son enfance sur fond d’histoire de son pays, l’Iran. C’est un récit drôle et triste à la fois, parfois cocasse, souvent touchant. Mais toujours passionnant. C’est aussi un petit événement : il s’agit de la toute première bande dessinée iranienne de l’Histoire…

10. Pars avec lui de Agnés Ledit

Lu par curiosité parce que conseillé sur IG, je dois dire que j’ai été déçu. Il ne faut pas s’attendre à de la grande littérature, je trouve que toutes les péripéties sont d’un prévisible et puis les histoires des personnages un peu cu-cul voir niaises… Même si les thèmes abordés ne sont pas gais. Je n’ai pas trouvé ce livre touchant comme il aurait pu l’être mais parfois un peu ridicule, car pas naturel. Ceci dit, je l’ai lu jusqu’au bout car il se lit facilement, pas besoin d’être hyper concentré! Un roman a emmener sur la plage. 

 

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Il y a Roméo, pompier professionnel qui chute très gravement en sauvant la vie d’un enfant.
Il y a Juliette, l’infirmière du service de réa où il va tenter de recoller les mille morceaux de son corps et de son c ur. 
Ils souffrent tous les deux. Roméo de ne plus pouvoir s’occuper de Vanessa, sa petite s ur adolescente, rebelle et fragile. Juliette, d’éprouver des difficultés à concevoir un enfant, dont le désir est plus fort que tout, malgré un compagnon humiliant et violent.
Il y a aussi Guillaume, un collègue infirmier en quête d’équilibre. Et puis Malou, la grand-mère de Juliette, qui, à quatre-vingt-quatre ans, ne croit plus au hasard depuis bien longtemps. 
Cette rencontre accidentelle pourrait bien bouleverser le destin de tous ces personnages dont les chemins se croisent et s’éloignent sans jamais se perdre. Puisque c’est d’amour dont il s’agit. 
Une histoire de vie où des personnages d’une extrême vérité cherchent à se délivrer d’un passé douloureux, trouvent dans le présent et les liens humains les remèdes aux peines de l’existence, et nous enseignent qu’être heureux, c’est regarder où l’on va, et non d’où l’on vient.

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6 réponses à “10 romans à lire pendant l’été

  1. Wouahhhhh, merci pour ces idées de lecture.
    Le premier livre me tente énormément et le dernier aussi !!!
    Bisous

  2. Bonjour ! Merci pour ces conseils de livres, j’en connais déjà certains que j’apprécie beaucoup. En revanche, j’ai lu « Max » dans le cadre d’un concours de lecture pour mes élèves (je suis prof de français en lycée) et je l’ai aussitôt retiré de la liste. Trop dérangeant et malsain pour des adolescents, car tu ne le précises pas, mais ce livre se trouve dans le rayon « jeunesse ». Tu as raison de le conseiller… pour des adultes. Au demeurant, si l’histoire est intéressante, je trouve le style mauvais (on croit souvent que les enfants et ados ne sont pas capables d’apprécier un beau style littéraire, c’est faux, mais malheureusement on trouve beaucoup de livres de jeunesse qui sont écrits avec les pieds) et classer ce livre dans la littérature de jeunesse est choquant quand on tient compte des horreurs racontées. Même s’il paraît que nos ados ne sont plus impressionnables aujourd’hui (re-faux, d’ailleurs), les nourrir de sentiments malsains en les plongeant dans les pensées d’un enfant qui adhère à la mentalité nazie au point de cautionner, justifier voire glorifier le viol, l’infanticide, la torture, le racisme, le meurtre, le génocide, etc, le tout raconté avec force détails scabreux, est à mon sens une aberration totale. Le prétexte historique ne justifie pas tout. Un adulte comprendra que le choc ressenti à la lecture de ce livre a pour but de faire réfléchir et poser les bonnes questions. Un jeune n’aura pas ce recul et l’horreur peut être soit traumatisante soit influencer dans le mauvais sens. Un livre, je le répète, intéressant, mais à ne pas mettre entre toutes les mains. Personnellement, cette lecture m’à dégoûtée… et pourtant j’étais au courant de l’histoire des lebensborn. Nous ne vivons pas au pays des bisounours mais on peut transmettre l’Histoire avec plus de délicatesse et de respect pour la sensibilité de l’âge tendre (qui va au-delà de 12 ans, je pense). Je ne remets pas en cause tout le livre, cela reste une histoire captivante, mais je ne suis pas d’accord avec le fait qu’il soit considéré comme lecture d’apprentissage et littérature de jeunesse… la vraie raison doit être la qualité d’écriture, trop médiocre pour un public de lecteurs adultes. Si on veut être pris dans « la petite histoire » de la grande Histoire sans tenir compte de la qualité littéraire, cela peut plaire ! Je suis désolée si je me montre dure avec un livre qui t’a plu, c’est peut être mon statut de prof, un peu protectrice avec ses élèves, qui corrompt mon jugement. J’ai par ailleurs adoré le premier que tu cites (Du domaine des murmures) et te conseille, du même auteur, « le coeur cousu » qui est à la fois très bien écrit, vraiment captivant, poétique, tendre et émouvant. Merci pour ce blog que j’apprécie beaucoup, tu m’inspires plein d’idées pour mes enfants et ma vie de famille. Bonne continuation !

    • bonjour et merci pour ce commentaire très intéressant! je suis aussi enseignante en lycée (documentaliste) et j’avais ce roman dans mon CDI, je pense qu’on peut le proposer à un certain public de lycéens. je n’ai pas eu le même ressenti que vous en le lisant, bien sûr j’ai été très choquée, j’en ai eu la nausée face à tant d’horreurs. Mais je trouve que l’auteure essaie de montrer quelle peut être la force de l’endoctrinement et que ces enfants nés dans ces horribles endroits ont été victimes aussi du nazisme. Je pense que l’auteure est d’origine juive, j’admire la capacité qu’elle a eu à se mettre de l’autre côté de la barrière. après il faudrait en discuter avec elle je pense. je trouve aussi que l’écriture est plutôt juste, on voit l’histoire à travers les yeux d’un enfant. et puis la fin du roman nous montre que cet enfant prendre conscience de l’absurdité de l’idéologie nazie, en devenant ami avec un enfant juif considéré comme aryen (inspirée d’une histoire vraie d’ailleurs). je vous souhaite un bel été!

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